Afficher l'image d'origineLes addictions posent, en France comme à l’échelle européenne et dans le reste du monde, un problème de santé publique majeur, dont les impacts sont multiples, sanitaires, médicaux et sociaux.

La consommation de substances psycho-actives est responsable en France de plus de 100 000 décès évitables par accidents et par maladies, dont près de 40 000 par cancers. Les conduites addictives interviennent ainsi dans environ 30 % de la mortalité prématurée (soit avant 65 ans).

L’addiction se caractérise par l’impossibilité répétée de contrôler un comportement et la poursuite de ce comportement en dépit de la connaissance des conséquences négatives.

La notion de conduite addictive comprend à la fois les addictions aux substances psychoactives (alcool, tabac, drogues illicites) mais également les addictions comportementales, sans substances psycho-actives (jeux, internet, par exemple).

Une forte augmentation de ces addictions a été constatée en milieu professionnel ces 40 dernières années, notamment en ce qui concerne la consommation d’alcool, de médicaments et de drogues. Ces consommations (occasionnelles ou répétées) concernent tous les secteurs d’activité et tous les niveaux hiérarchiques.

La consommation de produits peut mettre en danger la santé et la sécurité du consommateur, de son entourage professionnel ou de tiers et être à l’origine d’accidents de travail.

Les risques peuvent être :

–      une perte d’attention ou de vigilance

–      une modification de la perception du risque et/ou une prise de risque

–      la mise en danger de sa personne et/ou des autres

Les conduites addictives font l’objet d’une réglementation très détaillée, à la fois dans le Code du travail, le Code de la santé publique, le Code de la route, ainsi que des circulaires spécifiques.

Par ailleurs, de nombreuses publications s’attachent à traiter cette problématique qui recouvre des dimensions multiples et complexes : on retiendra notamment le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies (2008-2011), les études de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), ainsi que le Baromètre santé de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), dont un volet est pour la première fois consacré au thème de cette consommation en milieu de travail.

Il est à noter que les Assises nationales « drogues illicites et risques professionnels », qui se sont déroulées le 25 juin 2010 à Paris, ont permis d’élaborer un guide intitulé « Repères pour une politique de prévention des risques liés à la consommation de drogues en milieu professionnel », qui offre aux acteurs de l’entreprise les outils et repères nécessaires pour élaborer une politique de prévention adaptée à la réalité des entreprises comme à la particularité de ces risques.

Concernant les collectivités, on se réfèrera également au guide spécifique « Les collectivités territoriales face aux conduites addictives », publié par la Mildt en 2011, qui offre un éventail de réponses concrètes : identification des interlocuteurs en matière de prévention, définition du cadre juridique des interventions des élus, recensement des outils disponibles, suggestions sur les conduites à tenir, …

Face à cette problématique, il importe de développer des savoirs qui permettront sa prise en compte en évitant certains écueils :

considérer les conduites addictives comme une réalité dans le monde du travail

connaître la réglementation

savoir ce qui ressort des rôles et responsabilités de chacun des acteurs

connaître les moyens de dépistage

construire une politique de prévention

faciliter l’accès aux soins

permettre le maintien dans l’emploi

adopter une attitude non-discriminatoire envers le salarié

En outre, on s’attachera à travailler sur des préconisations et des propositions de réponses aux questions suivantes :

comment tenter d’identifier les causes, déterminer l’origine de la conduite addictive (sphère professionnelle/sphère privée ?) ; partant du principe que l’employeur ne se trouve pas forcément en défaut à cause d’une organisation du travail potentiellement pathogène, comment cerner, prévenir et traiter le volet privé ?

comment gérer en interne la situation (cellule d’écoute) ?

quels partenaires mobiliser pour apporter une réponse individualisée ?

quelles actions correctives mettre en place en termes d’organisation du travail et de management ?